Édouard ABLITZER et ses frères :

Politique et syndicalisme à Montbéliard de 1896 à 1913

Les frères Ablitzer
Les frères Ablitzer

Avant propos

Nous allons à partir de 1896, année de la création de plusieurs syndicats montbéliardais suivre les engagements syndicaux, politiques, de Pierre Édouard (1860-1939), Charles Adolphe (1863-1924), Jaques Frédéric (1868-1938) ABLITZER, trois frères issus d'une famille présente dans le pays de Montbéliard depuis 1711. L'étude porte particulièrement sur Pierre Édouard avec ses engagements dans l'apparition du syndicalisme et du socialisme montbéliardais.

 

Introduction

Les origines de la famille

Les trois frères sont descendants d'anabaptistes suisses du village de Reitnau dans le canton d'Argovie. Le premier Ablitzer (Hablützel) arrive au début du XVIIIe siècle au Pays de Montbéliard avec son épouse Anne Schindler. Dans une liste anabaptiste datée de 1712, il est noté un Abraham Ablitzel 40 ans, son épouse Anne Schinder 30 ans et un enfant d'un an et demi.

Ils sont fils de Charles Frédéric (1825-1879) natif de Sainte-Suzanne et de Suzanne Marguerite Bainier (1834 -1878) née à Issans (25). Charles Frédéric fut horloger, agriculteur. Le couple eut 11 enfants, dont cinq décèdent avant l'âge de 16 ans. Charles Frédéric 54 ans, meurt en 1879, son épouse l'a précédé en 1878 à l'âge de 44 ans. Les enfants, tous mineurs, sont mis sous tutelle.

 

La famille en 1896

Lors du recensement, nous trouvons à Montbéliard :

- Édouard âgé de 35 ans, ouvrier ébéniste au 79, rue de Besançon avec son épouse Émilie Ferrand et leurs trois enfants. Édouard paye une patente de cafetier au 79.

- Jacques, 27 ans moulurier *, son épouse Lucie Pigeonnat et leur fils sont recensés 20, place d'Armes.

Leur frère Charles, son épouse Aline Marchal et leurs deux enfants sont aux États-Unis depuis le 14 août 1893 et vivent dans la ville de Crystal City. 

Usine Schwander  - A.M. Montbéliard
Usine Schwander - A.M. Montbéliard

L'industrie à Montbéliard en 1896

La ville compte 9,799 habitants, le tissu industriel est représenté entre autres par :

- l'usine Schwander travaillant dans l'ameublement,

- les établissements Gogel dans l'outillage,

- les ateliers de tricotage Zimmerli (atelier et travail à domicile),

- les textiles Sahler (Courant-Sahler 250 personnes Berger Sahler) et Boucard qui est un transfert d'Alsace vers Montbéliard suite à l'annexion de1870,

- L'entreprise Vogt et Goguel,

- les entreprises d'horlogerie, Roux, Holliger, Marti, Hasler, Ferrand.

 

Syndicalisme et politique dans le Doubs

Entre les années 1896 et 1918, la France voit se succéder quatre présidents de la République et quarante-trois Présidents du Conseil. En 1896 en France, nous avons 2243 syndicats avec 422 777 adhérents. Dans la région de Belfort-Montbéliard sont recensés 8 syndicats et 356 syndiqués. Cette année-là, Armand Peugeot créer la Société des Automobiles Peugeot.

La vie politique du Doubs est dominée par les radicaux qui sont entre autres anticléricaux. Le mouvement socialiste est faible, le premier groupe socialiste à Besançon est le Groupe Républicain Socialiste bisontin créé en mai.en 1891. Il est rattaché au Parti Ouvrier Socialiste Révolutionnaire (P.O.S.R. de 1890 à 1905) groupe d'extrême gauche qui a fait scission d'avec la Fédération des Travailleurs Socialistes de France (FTSF) avec pour chef de file Jean Allemane et Jean-Baptiste Clément. Les « allemanistes » sont favorables à l'agitation électorale, à la grève générale et antiparlementaire. À Besançon, ce groupe compte entre 1892 et 1893 une vingtaine de membres, horlogers, employés, ouvriers fidèles au socialiste proche de l'anarchisme. Ils veulent une transformation de la République « par une évolution pacifique qui, seule, peut amener le triomphe de la justice sociale et de l'égalité démographique.» (page 462 thése Louis Mairry).

Les 24 et 25 septembre 1896 au congrès national du P.O.S.R. une partie des militants quitte le parti pour créer l'Alliance communiste révolutionnaire groupement d'extrême gauche fortement implanté dans deux arrondissements parisiens ainsi qu'en Côte d'Or, Jura, Doubs et Ardenne. La section bisontine suit le mouvement national et se fractionne sous l'influence de Perrin , Zimmer, Conroy, Pernollet pour fonder un groupe appelé « Comité d'Union Socialiste » affilié au mouvement de tendance blanquiste d'Édouard Vaillant.

 

Les ABLITZER : politique et syndicalisme à Montbéliard

Rue Cuvier vers 1910 : Hotel de Paris à droite
Rue Cuvier vers 1910 : Hotel de Paris à droite

L'arrondissement de Montbéliard a pour député Jean Huguet de 1894 à 1896 - neveux de Viette décédé en 1894 - il appartient au groupe radical républicain (Républicains progressistes). Le socialisme est peu implanté dans la région et surtout très divisé.

D'après Daniel Vasseur dans sa thèse en 1964 - Les débuts du mouvement ouvrier dans la région de Belfort Montbéliard (1870-1914) aucun document évoquant les mouvements de grèves à Montbéliard et dans la vallée d'Audincourt n'ont été recensé avant 1883.

Dés 1er mars 1895 se constitue à Audincourt, un syndicat ouvrier d'inspiration socialiste. Il est créé par Bretey ouvrier à la Compagnie des Forges d'Audincourt. Cette année-là, dans le cadre d'un différend entre Bretey et son employeur il est fait mention d'un Cercle corporatif du Parti ouvrier français, né à Montbéliard qui serait de tendance guesdisme ( Jules Guesde (1845-1922)   qui œuvra à la diffusion du marxisme).

 

En 1896 débute, d'après les textes retrouvés, les carrières politiques et syndicalistes des frères Ablitzer. Deux thèses de doctorat, et articles de journaux évoquent Édouard. Les documents d'archives évoquent les frères à travers les comptes rendus de réunions syndicales, et courrier.

L'aîné des Ablitzer, Édouard, âgé de 35 ans apparaît publiquement dans le monde syndicaliste le dimanche 26 janvier 1896 lors d'une réunion à Montbéliard, au café Beucher, rue de Saint-Hyppolyte. À son initiative « des citoyens » se réunissent en vue de créer un syndicat. En début de réunion, il est procédé à l'élection d'un président de séance et de deux assesseurs. Édouard ABLITZER - ouvrier sur bois chez Schwander - est élu à l'unanimité, dans un scrutin à main levée avec deux assesseurs Chavanne et Bruot. La séance commence à 16 heures, Édouard prend la parole et évoque les revendications de la classe ouvrière, explique ce qu'est un syndicat, Il annonce qu'avec quelques citoyens - dont Perrin un militant bisontin - ils ont élaboré des statuts pour la constitution d'un syndicat. Après la lecture et l'adoption des statuts, il rappelle la loi de 1884 qui donne le droit d'association des ouvriers sous certaines conditions. Plus de vingt participants s'inscrivent sur le registre de présence nous trouvons des ouvriers du bâtiment, de la métallurgie ainsi que des horlogers. La loi de 1884 autorise seulement des syndicats de même corporation, il s'en suit la création de trois syndicats, dont celui du bâtiment. Les ouvriers du bâtiment élisent leur comité dans lequel nous trouvons : Édouard Ablitzer, Jacques Ablitzer son frère, Charles Morel, Charles Duchortier et Joseph Laenger. Ce comité élit comme président Édouard, comme vice-président Joseph Lenger, le trésorier Jacques Ablitzer et le secrétaire Charles Morel. (Sources AM Montbéliard).

 

Le dimanche 1er mars 1896, les membres du bureau du syndicat du bâtiment se réunissent café Ablitzer au 79, rue de Besançon, suite à la démission du secrétaire Morel, son successeur et Édouard Paur. Le 9 la ville est inondée, ce qui entraîne la fermeture de l'usine Schwander. Au recensement de cette année, la famille d'Édouard vit au 79 rue de Besançon et héberge un charpentier Maurice Allemand. Jacques est les siens sont au 20 Places d'Armes. Cette même année un recensement de vélocipède est effectué, Jacques est dit au 24, rue de Besançon, et il possède un vélocipède depuis 1895.

 

Les statuts officiels du syndicat du bâtiment sont déposés le 24 avril 1896. Ce syndicat est à tendance socialiste et se compose de cinquante militants. L'élection municipale du 10 mai 1896 porte au pouvoir,12 radicaux et 11 progressistes. En juin 1896 Édouard, en tant que président du syndicat du bâtiment demande au maire Samuel Marti la salle de la justice de Paix, pour accueillir les réunions de son syndicat qui aurait lieu une fois par mois de 9 à 11 le dimanche avant la foire.

Daniel Vasseur parlant d Édouard écrit :

« Ablitzer est nommé président du syndicat du bâtiment.. Il paraît être le militant le plus influent, et c'est lui qui anime à Montbéliard l'action socialiste ouvrière au début de 1896. Cette triple création syndicale au début de 1896 est à ranger à l'action de la propagande socialiste ». a relevé dans le cahier de « Souvenir » Henry Perrin : « Dès que nous avons entrepris notre propagande dans la région de Montbéliard, Ablitzer fut sur la brèche. Ouvrier ébéniste chez Schwander, père de famille, secondé par une femme tout au moins aussi avancée que son mari, Ablitzer eut tôt fait de ce groupe le plus puissant de la Fédération du Doubs. Comme Balanche à Morteau, comme moi à Besançon, Ablitzer recevait, hébergeait les orateurs de passage »

 

Le 12 janvier 1897 lors de la réunion du comité du syndicat du bâtiment était présent,Édouard Ablitzer président, Charles Morel vice-président, Jacques Ablitzer trésorier, Charles Duchatelier secrétaire adjoint. Le président fustige les ouvriers montbéliardais qui hésitent à se syndiquer, et qu'il faut les faire venir pour grossir les rangs du syndicat. Le comité la proposition de faire de grandes réunions publiques au théâtre.

Au cours de l'année 1897 Édouard. Ablitzer, l'instituteur L. Goll, le professeur Pourchot. créent à Montbéliard une section de l'Alliance communiste révolutionnaire de Besançon. L'année suivante voit l'intensification du socialisme dans le pays de Montbéliard et la création de section locale. À Montbéliard Édouard dirige la section organisée par les bisontins de tendance blanquiste Perrin et Zimmer.

 

 

Le jeudi 13 janvier 1898 dans le cadre de l'affaire Dreyfus publication dans le journal L'Aurore de la lettre J'accuse d'Émile Zola à Félix Faure Président de la République. Lors de la séance du 23 septembre 1898 du syndicat du bâtiment, celui-ci se réforme, et entraîne la disparition de la version de 1896, créé par Édouard Ablitzer et élection d'un nouveau comité.

Pour cette année 1898, D.Vasseur écrit: - « La propagande socialiste, avait abouti en 1898 à la création de sections socialistes à Belfort (Le Réveil Social) à Montbéliard (Groupe d'Ablitzer) ainsi qu'à Bavans et Colombier Fontaine. Les deux premiers groupes seraient de tendance blanquiste ».


En septembre 1898, Jacques Ablitzer et sa famille sont à Montrouge en région parisienne pour la naissance de leur deuxième enfant. 


Gréves de 1899 au Creusot : Site Histoire par l'Image
Gréves de 1899 au Creusot : Site Histoire par l'Image

 L'année 1899 est l'année des grandes grèves dans la région Belfort-Montbéliard, au Creusot à Besançon. Cette année marque un virage important dans l'organisation des grèves, elles vont devenir plus structurées et organisées [1]. En mai une grève, débute à la tuilerie de Montbéliard qui compte 92 employés elle est suivit par 52 grévistes, et se termine sur un échec après 3 jours de manifestation.
A Montbéliard ce même mois, se tient le congrès de l'Alliance communiste (section de Montbéliard crée en 1897) celle-ci transforme son nom en Fédération socialiste autonome du Doubs et du Haut-Rhin. Henry Perrin est élu secrétaire [2]

 

Édouard se trouve à Pont-de-Roide le vendredi 13 octobre 1899 devant les établissements Veité - fabricant de limes - ou commence une grève pour une augmentation de salaire de 25 à 50 centimes. Cette grève se termine le 17 par des augmentations de 10 à 25 centimes, Édouard s'est déplacé à Pont-de-Roide soutenir les grèvistes et a essayé d'entraîner dans la grève les ouvriers de l'usine d'Émile Peugeot, mais sans succès [1]

 

Jeudi 19 octobre 1899 le Journal des débats politiques et littéraires (Paris) publie :

« À la suite d'une réunion tenue lundi soir à Fesches- le-Chatel, la majeure partie des ouvriers des usines Japy frères ont quitté le travail hier matin à sept heures. Mille-sept-cent-trente ouvriers se dirigent vers Badevel pour entraîner les ouvriers des autres usines dans le mouvement. Dans la soirée, le nombre des grévistes était de 2,000. Ils réclament le renvoi de deux contremaîtres et une augmentation de salaire. Cent ouvriers environ occupés au Comptoir des quincailleries réunies de l'Est travaillent. MM. Bietry et Ablitzer ont organisé une réunion publique. L'ordre est assuré par la gendarmerie et les douaniers. Au Pont-de-Roide, les ouvriers des usines Peugeot ont décidé de ne pas se mettre en grève, et de soumettre les revendications ultérieurement aux patrons, s'il est nécessaire

 

Le 20 octobre 1899, la région de Belfort-Montbéliard compte plus de 3000 grévistes.

 

Extrait de l'hebdomadaire Le Moniteur Viennois paru le 27 octobre 1899 à Vienne Isére (38)  « Les grèves de Beaucourt, près Belforl, prennent un caractère très grave. Les grévistes de Montbéliard marchent sur Beaucourt pour prêter main-forte aux grévistes de cette localité. Des renforts arrivent de tous côtés

 

Le 21 novembre Édouard participe à la grande marche sur Paris avec Bietry et Quillici, les grévistes du Pays de Montbéliard partent d'Audincourt, Beaulieu, Valenigney, Montbéliard ..., et se dirigent vers Belfort en passant par Sochaux. Cette marche est relatée dans « Pierre Bietry (1872-1912) la jeunesse rouge du chef des Jaunes » de C. Maillard [3].
En tête du cortège, quatre gendarmes, des grévistes cyclistes, une musique, les leaders Bietry et Quilli, le gros des grévistes et parmi eux des femmes. Deux voitures de vivre suivaient, et pour clore le cortège 12 gendarmes et un peloton de hussard dont la mission d'escorte s'arrêtait à la limite du département du Doubs. Dans le Territoire de Belfort, les grévistes sont de nouveau encadrés par l'armée. Ils ne peuvent entrer dans la ville et campent au pied des fortifications et passent la nuit à faire la fête. Bietry est emprisonné puis relâché contre promesse de dispersion de la manifestation dans le calme. La marche sur Paris n'aura pas lieu

 

 


Exposition de 1900 - Entrée monumentale.  Site : L'Histoire par l'Image
Exposition de 1900 - Entrée monumentale. Site : L'Histoire par l'Image

L'année 1900 est riche en évènements. Les syndicats présents à Montbéliard sont ceux :

- du livre,

- du bâtiment, qui cette année organise une grève qui dure 3 jours avec 240 gréviste sur 400 ouvriers [1 ],

- des horlogers,

- des ouvriers de l'usine Schwander (ébénisterie créée en 1840 qui occupa jusqu'à 600 personnes).

 

 

Le 2 février 1900 Charles Adolphe Ablitzer, le frère cadet d'Édouard écrit au maire de la ville, le docteur Flamand (radicale), pour réserver une salle au bâtiment des Halles pour une réunion syndicale concernant la création d'une coopérative de consommation. Il signe sa demande en tant que président du syndicat des usines Schwander.

 

En septembre les 28/29/30 a lieu le 5ème congrès général des organisations socialistes françaises salle Wagram à Paris [3]. Le Doubs, la Haute- Saône, le Haut-Rhin sont représenté par H. Perrin , Édouard. Ablitzer, A., George Dreyfus.

 

L'histoire familiale raconte qu'Émilie Ferrand épouse d'Édouard et leur fille Émilie âgée de 17 ans l'accompagne à Paris pour l'exposition universelle de 1900. À cette époque Édouard paie une patente de cafetier au 79, rue de Besançon.

 

Extrait du : Maitron dictionnaire biographique du mouvement ouvrier

 

« ABLITZER Édouard

Ouvrier ébéniste ; militant syndicaliste et socialiste de Montbéliard (Doubs) avant la Première Guerre mondiale.

Ouvrier ébéniste à l’entreprise Schwander à Montbéliard (Doubs), père de famille, Édouard Ablitzer fut secondé dans sa vie militante par sa femme. Il fonda, en 1896, les syndicats de l’horlogerie, de la métallurgie, du bâtiment. Président de ce dernier syndicat, il fut, à l’époque, le militant le plus influent de Montbéliard.

 

Au congrès socialiste de Paris tenu salle Wagram en 1900, il représenta plusieurs syndicats ouvriers d’Audincourt, Montbéliard, Valentigney, et les trois groupes socialistes d’Audincourt, Montbéliard et Seloncourt. Il fit du groupe de Montbéliard le plus puissant de la Fédération du Doubs, autonome jusqu’en 1905, après avoir été fondée le 7 décembre 1902 comme fédération adhérente du Parti socialiste de France. Ablitzer recevait et hébergeait les orateurs socialistes en tournée de propagande dans la région. Il semble avoir abandonné l’activité militante après 1918.

 

 

 

Lors du recensement de 1901 il est noté que :

- Édouard 40 ans, et son fils aîné Henry, âgé de 18 ans, travaillent comme tourneur sur bois chez Schwander, son jeune fils Édouard Émile, 14 ans, est enfant pâtissier chez Ruffio. Est également présente son épouse Émilie Ferrand. Ils demeurent rue Basse (Diemer-Duperret).

 

- La famille de Charles Léon ouvrier d'usine Schwander, est inscrite au 3 rue de la Planchette avec Marie sa femme, son fils Léon, clerc d'avoué, chez Roussin et Jeanne ouvrière d'usine chez Zimmerlé.

Une bourse du travail est créée cette année 1901, Charles a été très actif dans cette création. Cette bourse disparaîtra en 1905.

 

L'élection législative de mai  1902 voit la réélection du médecin Joseph Borne républicain radical. Il entre au sénat en janvier 1903 son remplaçant élu sera Marc Reville de la gauche radicale.

 

Durant l'année 1903, des gréves éclatent dans l'horlogerie à Sainte-Suzanne, et à Montbéliard. Cette même année Gaston Japy créé Le Petit montbéliardais journal de droite, apparait aussi l'Éclair Comtois journal du parti libéral (catholique). Pour venir en aide au chômeur, un comité d'organisation de cavalcade est créé, celle-ci aura lieu le 26 avril.

 

 

1905 est une année importante pour le socialisme français.

Le mercredi 26 avril, le Parti socialiste français et le Parti socialiste de France s’unissent pour former la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) Henry Perrin ni n’adhère pas. Les 24 et 25 décembre au Congrès de Besançon divers groupes socialistes créé la Fédération socialiste du Doubs et décide d'adhérer à la SFIO, Édouard et ces amis montbéliardais les instituteurs L Roméis et L. Goll ont pris une part importante à cette création.

 

 Lors des élections législatives de mai 1906  Édouard dirigeant du parti socialiste montbéliardais soutien Henry Poirey conseiller municipale de Besançon qui se présente à Montbéliard. Reville est réélu avec 10739 suffrages, Japy en obtient 745 et Poirey 605 [1]. Cette année voit la disparition du syndicat des horlogers version 1896.

 

 

 

 

 

1- Edouard : 2 - Son beau-frère  Jean Chréien Sperry : 3 - son fils Henri Édouard : 4  Jean Charles son frère : 5 -son fils Édouard Émile : 6 - son épouse Emilie Ferrand
1- Edouard : 2 - Son beau-frère Jean Chréien Sperry : 3 - son fils Henri Édouard : 4 Jean Charles son frère : 5 -son fils Édouard Émile : 6 - son épouse Emilie Ferrand

Le dimanche 14 août 1910 en famille, Édouard son épouse Émilie , ses deux garçons, Charles sont frère, Jean Chrétien son beau-frère participent a la fête de la SFIO et pose pour la photo souvenir.  A cette époque Édouard tient un café au 18 Rue Cuvier. Montbéliard est troublé par une une journée de grève dans le textile.

Au balcon : Emilie Ablitzer sa fille Lucie
Au balcon : Emilie Ablitzer sa fille Lucie

En 1911, Édouard succède à l'hôtelier Lutz  à l’Hôtel de Paris au 48 rue Cuvier. Cette même année il y est comme hôtelier patron avec son épouse Émilie Ferrand, on y trouve aussi ses fils Henry Édouard et Édouard Émile cité comme cuisinier et trois employés.

Il semble que ses activités politiques et syndicales diminuent fortement. Bien que, le 16 juin 1913, Pierre Édouard est cité comme membre fondateur du syndicat des hôteliers cafetiers de Montbéliard.

 

 

Dès 1914 les usines Schwander travaillent pour la défense nationale et la Croix Rouge, dans son personnel se trouve des prisonniers allemands.(1914-1918).

 

En 1915 Pierre Édouard, paie encore une patente au 48, rue Cuvier pour l’Hôtel de Paris

 

Le 12 octobre 1918 décès d'Édouard Émile fils de Pierre Édouard qui devait reprendre l’Hôtel de Paris.

 

 

 

 Notices biographiques des fréres ABLITZER


Sources
- Archives municipales Montbéliard :
  Archives du syndicat du bâtiment./ Les recensements
Bibliographie 
- Les débuts du mouvement ouvrier dans la région de Belfort Montbéliard (1870-1914).

Thèse pour le Doctorat en Droit (mars 1964) de Daniel Vasseur Université de Paris.
 -  2 La vie politique dans le département du Doubs sous la Troisième République. Louis Mairry thèse pour le Doctorat d’État es-Lettres Paris Sorbonne 1990.
- 3 Pierre Bietry(1872-1918) la jeunesse rouge du chef des jaunes par Christophe Maillard- Bulletin et Mémoires n° 127 2005 Société d'Emulation de Montbéliard
- 4 Besançon ouvrier. Aux origines du mouvement syndical 1862-1914 Jean Charles  Presse universitaire de Franche-Comté 2010 
- 3  Les allemanistes par Michel Winock www,pelloutier .net