Georges Louis Duvernoy (1777-1855)

La vie de Georges Louis Duvernoy, collaborateur de Georges Cuvier, n’a pas été des plus tranquilles, dans aucune des périodes de sa vie, ni dans aucune des villes qu’il fréquenta, de Montbéliard à Paris, en passant par Strasbourg. Les épidémies, les guerres et tous les malheurs qu’elles engendrent en furent la cause principale. En science, il se donna beaucoup de peine pour accéder aux mêmes responsabilités, dans les mêmes institutions que son mentor. Il n’y réussit qu’imparfaitement et très tardivement, ce dont il souffrit plus qu’un autre à cause de son caractère hypocondriaque. Dans sa vie familiale, si la perte de plusieurs de ses enfants et de sa première épouse furent pour lui des peines immenses, il connut aussi de grands bonheurs après le mariage de ses filles et auprès de ses petits-enfants. Les Peugeot et les Friedel furent les grandes dynasties issues de ces alliances.

Plus qu’une biographie, cet ouvrage est aussi un travail d’histoire des sciences. Dans toutes les disciplines de l’histoire naturelle, mais aussi dans d’autres sciences, comme la physique et la chimie, d’éminents savants comme Lavoisier et Lamarck, ainsi que beaucoup d’autres dont on a moins conservé le souvenir, ont initié une révolution en remettant en cause bien des acquis. Par ses recherches et son enseignement, Duvernoy y a contribué. Ce renouveau doit aussi beaucoup à l’évolution des techniques d’investigation, notamment au progrès de la microscopie. Il doit surtout à l’objectivité scientifique de ces hommes qui ont su adopter une démarche scientifique moderne en dépassant les limites que mettait la religion à toute recherche explicative, en s’attachant à l’observation et à la vérification expérimentale de leurs hypothèses.

 

Préface d’Éric Buffetaut, directeur de recherche émérite au CNRS, Laboratoire de Géologie de l’École Normale Supérieure, Paris