Le Ban-de-la-Roche comté vosgien du XVIIIe siècle

Carte Ban-de-la-Roche : Galica.bnf.fr
Carte Ban-de-la-Roche : Galica.bnf.fr

La seigneurie du Ban de la Roche

Le comte Georges-Jean de Veldence - prince protestant - attiré par le minerai de la région acquit la seigneurie du Ban de la Roche en 1584. Celle-ci était constituée des villages de : Rothau, Solbach, Fouday, Waldesbach, Belmont, Bellefosse, Neuviller-la-Roche, et Wildersbach. La seigneurie est située dans la haute vallée de la Bruche, ou l’on parlait un patois roman et non le dialecte alsacien des voisins.

Georges-Jean y introduisit la Réforme luthérienne. Les pasteurs - de langue germanique - formés à Strasbourg avaient beaucoup de difficulté pour éduquer cette population très pauvre, parlant un autre langage. Il fit appel aux pasteurs du comté de Montbéliard - de langue française - appartenant au Wurtemberg.

Le Ban de la Roche se compose de deux paroisses :

- Waldesbach, avec les villages de Solbach, Fouday, Belmont, Bellefosse,

- Rothau avec les villages de Neuviller-la-Roche, et Wildersbach.

La seigneurie prend le titre de comté du Ban de la Roche en 1762 sous le règne de Louis XV.

 

L’église luthérienne de Montbéliard et le Ban de la Roche

Le comté de Montbéliard est une terre wurtembergeoise, par mariage, depuis 1407 a fourni au Ban de la Roche des pasteurs de langue française entre 1610 et 1727. La formation de ces futurs pasteurs se fait depuis 1560 au collège des « Montbéliards » à Tubingue en Wurtemberg. Le pasteur John Vienot publia une copie du livre [1] d’immatriculation des élèves qui ont fréquenté l’établissement entre 1565 et 1715.

En 1727 une circulaire politico-religieuse de Le Blanc ministre de Louis XV exige la nationalité française pour les pasteurs exerçant en Alsace (L’Alsace est française depuis 1648) [2]. Les pasteurs luthériens montbéliardais sont considérés comme étrangers ;

 

 

Un des premiers pasteurs est Nicolas Ma (e) rmet  (Glay ; 1590 - Ban de la Roche ; 1675). il est pasteur à Rothau village du Ban de la Roche en 1611. Après un bref passage à Désandans et Clairgoutte - village du pays de Montbéliard - il revient au Ban de la Roche en 1626 [wikipedia]. Son nom apparaît ans les registres de l’église en 1632 [3]

 

En 1691 arrive à Waldersbach Johann Duvernois qui en repart en 1695. Il est né à Montbéliard en 1668, et fit ses études à Tubingue entre 1686 et 1691, marié à Suzanne Nardin il eut deux enfants au Ban de la Roche. Après son départ en 1695 nous le retrouvons à Clairegoutte (70) ou deux autres enfants naissent en 1696 et 1698, puis en   1705 à Étupes (25), [4]

De tendance piétiste ses idées sont surtout connues à Montbéliard à l’église allemande (Saint-Mainbeuf du château) et à Étupes ou il exerce son ministère.

  

En 1708 Léopold Georges Pelletier  (1708 -1744) nait à Vandoncourt (Doubs) et décède en 1744. Il étudie à Tubingue entre le 17 juin 1698 et le 11 septembre 1700. Il exerce à Walderbach de 1707 à 1712 fut un des premiers pasteurs piétistes  du Ban de la Roche. En 1712 Pelletier est destitué pour un différend - concernant la communion - avec une partie de ses fidèles. Durant sa période pastorale il exerça une forte influence sur certains paroissiens du Ban. 

 

En 1721 arrive Pierre Rayot (1641-1684) né à Saint-Julien en 1682, marié à Charlotte Grosrenaud. Il étudie à Tubingue entre 1701 et 1708. Il a exercé au Ban de la Roche à Clairegoutte et à Saint-Julien. Rayot, lors de son ministère au Ban de la Roche exerça de forte pression et vexation sur les paroissiens restés fidèles aux idées piétiste du temps de Pelletier. (Enfant non inscrit sur les registres de baptême de la paroisse, mais baptisé)

 

Les pasteurs strasbourgeois 

En 1750 Jean-George Suber (1722-1797) le premier pasteur strasbourgeois nommé au Ban de la Roche. Il en part en 1754 pour y revenir de 1760 à 1784. Pasteur pédagogue, il initia différents outils pour aider à l’apprentissage des paroissiens. Nous pouvons citer : la bibliothèque de prêt, l’école des adultes, l’alphabet méthodique. Il est le prédécesseur de Jean Frédéric Oberlin  

 

 Jean Christophe Oberlin (..... - 1826)
 Pasteur luthérien qui arrive en 1767à Waldesbach et il y décède en 1826. Il parle français, originaire de Strasbourg il y fit ses études, homme du Siècle des lumières, et pédagogue aux idées révolutionnaires. Il entreprend un vaste programme d'éducation et de développement économique

Musée Oberlin

 

 

Waldersbach, (67)

 

 

 

 

 

 

 Bibliographie

- 1  Étudiants montbéliardais à Tubingue par John Viénot

Société de l'histoire du Protestantisme français  revue n° 31 -1931 

- 2 Diplomatie et religion en Alsace au temps du cardinal de Fleury (1726-1743)

Claude Muller Revue d’Alsace 132 (2006) (Persee.fr)
- 3 La vie de J. F. Oberlin pasteur à Walbach Ban de la Roche

Par D.E Stoeber l’Ainé, avocat Edition Treutel et Wurst 1831 Strasbourg.

- 4 Dénombrement Étupes 1705 [Doubs-Généalogie]

- 5 Le Pasteur Oberlin par Loïc Chalmet puf

- 6 Jean-Frédéric Oberlin, pédagogue révolutionnaire ?

In : Revue française de pédagogie. Volume 116, 1996. pp. 105-118. Loïc Chalmet (Persee.fr)

J.G. Stuber (1722-1797) :

- 7 Pédagogie pastorale

Loïc Chalmel I.U.F.M. d’Alsace

- 8 La petite école dans l’école. Origine piétiste-morave de l’école

maternelle française par Loïc Chalmel

Recension Dajez Frédéric (Persee.fr)

- 9 Musée Oberlin

LO TAMBOURIER Bulletin de liaison du musée Jean Frédéric Oberlin.

- 10 Jean Nicolas Marmet  Wikipedia 

 - 11 Le Pasteur Marmet suspect de sorcellerie ?
Les écrits virtuels de Monique-Marie FRANÇOIS.

Photos J-L Lambert